Archive pour février 2012
Déguster une pizza en bon Nouveau Riche de Gauche.
C’était un samedi soir comme il y en a peu dans ma région: enneigé. Dix centimètres de neige étaient tombés, et tombaient encore. La soirée était glaciale, la nuit s’annonçait sibérique.
C’est donc tout naturellement que je décidai de me faire livrer une pizza, par un pauvre quidam en scooter.
Je l’attendais donc, la fin tiraillait mon estomac. Il était en retard, cela se comprend. Il sonne à l’interphone avec un quart d’heure de retard, mais je ne le lui fais pas remarquer. On n’est pas des bêtes.
Je le laisse monter à l’étage, il arrive à ma porte, couvert de pied en cap mais pourtant tremblant de froid. Je prends des nouvelles de son périple: oui il fait froid, oui ça glisse, d’ailleurs un de ses collègues vient de se casser une jambe après une chute. Fichtredieu, et le scooter? Démembré!
Je lui souhaite bon courage et ne lui donne pas de pourboire, je paye en carte bleu. Mais sache petit livreur que mes pensées vont vers toi, alors que je déguste au chaud une pizza tout juste sortie de la boutique, et que je te vois remettre péniblement ton scooter sur la mortelle route neigeuse.
Je prendrai de tes nouvelles demain, ne t’en fais pas. Tu parcourras une route dangereusement salée cette fois.
Etre pauvre et classe
On chuchote dans les dîners mondais que chez Etilgrad, on est en auto-contradiction. Qu’on aide les pauvres sans les aimer, qu’on est De Gauche pour mieux être de droite. Je tiens à protester.
Nous avons la Classe. La Grande Classe même. Cela fait-il de nous des milliardaires pédants? Non. Nous sommes financièrement modestes, mais ça ne se voit pas. Notre salaire modeste mais régulier nous permet d’arborer des vestes seyantes, des chaussures reluisantes, des smartphones derniers cris.
Etre pauvre n’empêche pas d’avoir la Classe, sachez-le. Pas besoin de rouler sur l’or pour être bien habillé. Pas besoin d’avoir un appartement à Paris pour avoir une French manucure impeccable. La preuve par la Mallaury Nataf.

